Ma langue rythme mon chagrin
Cassant mes veines d'émotion
comme la fleur qui éclate son pollen
au vent des réanimations
bougeant comme la fièvre

Je venais d'ouvrir ma malle aux poèmes
naïvement, j'ai pensé à mes larmes
qui tranchaient à deux mains
ma tête sans voir tes yeux


Les chars balancent la cédille
sous l'impact de ce chant réclamé
comme la source coule de la douche
léchant mes articulations
touchant à mon carcan

Pas possible de compter sur moi
pour avouer que ma peine était là
rapant à coups de lames
tous mes voyages nocturnes
quand je voulais t'embrasser
en te claquant mes souhaits
sans jamais dire un mot.


Sylvie Girardot
Ittre le 23 Avril 2011