Luttant contre le temps si durement 
moi je prie mes fantômes qui rient 
au-delà des mots qui me disent que la guerre est finie 
songeant au mal qui se faufile du haut de cette enfance. 

Serais-je donc ce jour longtemps attendu, 
cette chance d'être comme moi 
qui permets au vent de parcourir mes mains?

Facile de rire sans un remord de mes yeux qui me regardent fixes
Serais je donc punie de manger sans compter l'amour que j'ai porté
du haut de ma tour blême quand le manque à mes nuits 
prend le jour pour la nuit?

J'ai supporte mon cœur pour voir
ce matin qui durerait  toujours
où rien n'est hasardé 
même si rien n'est gagné
remontant mon col mal boutonné
"Jeanrupt avec Moncharvaux"
comme il disait

Je dois encore saisir le jour
en dépit du bon sens, des changements de saisons 
qui retournent les pages impaires et qui repassent
ré-habillant les branches et les sommets

A cette bagarre contre le temps 
si durement je me replie et je supplie
de regreffer mon cœur  pour voir
comment je me suis retournée pour fuir
les Jours suivis des jours et des années
sans me maudire d'un rejet susceptible
du rapace qui tracera les cercles

Sylvie Girardot
Ittre le 23/12/2009