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Colorer sa face en face de soi
Les yeux gris plissés, la bouche rougie
Et s’éclater le front qui sent les vérités
Pour ne plus mentir au cœur fatigué que nous sommes.

Et les larmes rouleront sur les coteaux
Emportant temps et tant de fois
Les écorchures que personne ne voit
Sur lesquelles tes joues ont tant saigné
Blessées aux gifles des « pas tant pis »
Même si on n’y peut rien, les armes épuisées.

Alors, moi, je hurlerai ton nom et ma passion
Et je saurai dire au vagabond que la solitude tue !
…….
Que sa main est aussi chaude que celle des « autres »
Que ses yeux bleus parlent encore et toujours de l’amour
……
Tant que la terre assoiffée ne touchera pas ton sang
Qu’elle lâchera les chevaux de ton lit
Alors je serai face à moi…
Je pourrai sourire à mes peurs qui blessaient tant ces nuits…

Regarde…c’est la lune à midi…


Sylvie Girardot

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