Meli les mots

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mardi 27 juillet 2010

Le gardien du phare héron

J'ai égaré mon nom

Cherchant sur les côtés de l'histoire
un mouvement en haut, vers le silence
et part dessus les temps.

On peut déambuler dans un couloir obscure ou clair comme
l'eau reflétant les pattes du héron
ce gardien des rivières
comme mes yeux sont gardiens de mes larmes
Oser penser parfois
au travers du sourire de ma mère
les rides creusées par bien des chagrins
qui se taisent le jour
pour mieux hurler la nuit

J'ai égaré mon nom

Comme une dentelle qui se détache de mon corps sage et fougueux
juste à l' instant des seize ans
des années où la curiosité du sexe
tenace les rêves.

J'ai égaré mon nom

Sur le bord de mon lit
jouant à la sirène avec mon édredon
mes idées folles
et l'ivresse de croire au prince

Les soeurs prient à cet instant
et moi je ris
je crois à l'incroyable
Les dés sont jetés
ma vie est jetée
Mes angoisses prisonnières, là!
Et je cherche
je te cherche dans le labyrinthe tortueux de mes années passées.

Je crève mon coeur comme un ballon
j'explose et l'expose aux intempéries
au temps où je ris

je périe doucement.
J'ai égaré mon nom

Mon nom comme le chien sans collier
sans collier et sans nom
le sang est-il son nom?

Ma chair existe comme une valeur sans valeur
mais elle souffre ma chair
elle sait souffrir et s'offrir malgré moi.
Les pieds nus, je danse
je danse sur l'horizon pâle
le soleil n'étant plus un témoin
qui ferait voir le ventre de mon ombre.

L'ombre, elle, elle valse seule
comme unie à la lune
au clair des rimes sans fond
sans fer et sans pardon.

J'ai égaré mon nom
hier
par la passion, par la bêtise
par dessus les jardins où il fleure bon dormir
Je ne veux plus
je ne sais plus dormir, plaire
prier, croire.

Un désir
Celui de crier aux seins de glace qu'ils se réveillent enfin
palper l'homme
la terre et les draps que les rêves ont froissés

La musique, je l'entends
elle sort de tes doigts
de ton regard
elle aide
elle ivre
elle touche
et je jouis sur ses notes même noires.

Je pourrais penser à ton image
mage d'un jour
page d'un instant paire
et le père avec nous
sans perdre son nom
comme j'ai perdu le mien.

Tu vois comme tout est clair,
s'éclaire et se perd sans se taire
sans chercher

L'épée rouge à la main
le regard figé sur ma plume qui s'égare
se gare sur le papier
sans payer l'amende, le noyau
le PV du temps, je le vois.

Je ne souille pas ma mémoire
je veux juste oublier mais le temps se tait
n'avance que pas à pas
à papa qui n'est plus
et ne naitra jamais.

Je pleure encore sur la tombe de mon passé.

Sylvie Girardot
Liège le 24/07/2010

* le titre est inspiré d'un titre de chanson
Claude Nougaro chantait

" Le gardien du phare est rond"
Et moi j'avais toujours pensé que c'était "héron" alors
je l'écris.

mardi 20 juillet 2010

Du moût à l'eau de vie


Je peux rêver dans la courbure
de l'étreinte
Des rêves comme le vin
Ivre du mien pour toujours

Je peux jouer à ce jeu pervers
Où nous chassons dans le noir
nos mémoires endormies par le temps

Perceptibles blessures bleuies
par le désir passé
oublier en se propulsant au travers de nos veines
Imaginant le plaisir de revenir à la vie,
Laissant aux morts leur vitrine
leur sourire éteint
Leur peau de chagrin
Sont-ils heureux au moins?


Je veux me mouvoir comme le sable
étendu sous les vagues
Mon bout de coquillage
creusant le coeur de l'amer

Je veux que tu voles avec moi
Arrachant à l'eau
la grâce des cygnes.

Sylvie Girardot
Ittre le 20/07/2010

dimanche 20 juin 2010

Impair et manque



Cette chambre solitaire...Je suis 
Perdue dans les raisons qui relèvent
ce rejet atrophié à travers les ruines du passé

En vue une tempête de cils noirs
sous le gris du mon miroir brisé 
un soleil lassé et délavé

J'ai perdu


J'entends ta voix m'appelant encore
déverrouillant ma tristesse une seconde
puis qui me noie à nouveau
dans la grêle de mots muets

La roue tourne et
tu n'as su te cacher
Une pluie qui ne cesse
Impair et manque

Je t'ai manqué.

Sylvie Girardot
Ittre le 20/06/2010
Sylvie Girardot
Ittre le 20/06/2010

samedi 12 juin 2010

Les choucas anonymes


Les corbeaux claquent de la langue
te criant...
"Tu es en cours d'exécution, 
l'ignorance dans les yeux, la honte sur ta lèvre. "

Tu te rappelles
Comme tes pas incertains désarticulaient les trottoirs où se mêle la 
pluie à tes hanches instables?

Les corbeaux libres de leur chaine tourmentent les draps de soie,
Les rêves incompris sous le vent, 
La paupière qui pleure ta haine à la nuit saccadée

"Vous me faites mal au fond"

Tu sais
Et tu rêves...

Que ta mère se retire de cette terre invisible où tu erres...où 
tu iras dormir.

"Je serais assez fort, mais je suis plus faible qu'auparavant
La douleur a soufflé sur certaines vérités"

Ton corps vidé sans aile abandonne les oiseaux de mauvaise augure 
sous le son plaintif de ta chair fière
où tu crus. 

Il semble que tu t'es enfui 
Mais le monde ne bouge pas
Et là...encore tu es.

Sylvie Girardot
Hollande le 06/06/2010

mardi 9 mars 2010

Et des bans


Gédéon....le désaccord  d'éon
de ton derrière à ton jargon 
pendant tes yeux à leurs plats font
que tu pleurs sur ton balcon
domination de ces fauchtons
qui prisent la grace du héron
qui te bleuissent en proscription

Gédéon, tu sais sourire encore voyons
Accordant ton violon-protestation 
par ton crayon jusqu'à tes intentions
ultra-pression sur leur face de croupion

MAIS

tu es où Gédéon...sorti de ta prison...
rejoindre la prostitution...
rue jet des hontes illusions
ou t'es parti mourir comme un con?

Sylvie Girardot
Ittre le 09/03/2010



vendredi 5 février 2010

Elle a aboyé sur son cercueil

Comme une voleuse, elle est entrée
Des cailloux noirs étaient semés
Suçant les jours les nuits d'absence
de la chienne sans collier

Les poumons sont serrés, écrasés par le temps
quand il pleuvait tout l'temps
tempêtes et méchants
Le chant des prêtres répétant
réputés désertant

Des virgules sont accrochées
comme pour dire "reviens"
viens voir ton grenier
tes larmes séchées de condamnés
tes maux léchés mais mal mouchés.

Les os rouillés au sang voilé
visant les eaux versées
le cœur rayé et chiffonné
papier froissé des brutes,
ces mal friqués

ET

Elle écarte ses cuisses
baise le couvercle du cercueil à crever
frottant sa bave enragée
La chienne s'est repentie.

Sylvie Girardot
Le 05/02/2010

mercredi 23 décembre 2009

Le vol de la damière


Luttant contre le temps si durement 
moi je prie mes fantômes qui rient 
au-delà des mots qui me disent que la guerre est finie 
songeant au mal qui se faufile du haut de cette enfance. 

Serais-je donc ce jour longtemps attendu, 
cette chance d'être comme moi 
qui permets au vent de parcourir mes mains?

Facile de rire sans un remord de mes yeux qui me regardent fixes
Serais je donc punie de manger sans compter l'amour que j'ai porté
du haut de ma tour blême quand le manque à mes nuits 
prend le jour pour la nuit?

J'ai supporte mon cœur pour voir
ce matin qui durerait  toujours
où rien n'est hasardé 
même si rien n'est gagné
remontant mon col mal boutonné
"Jeanrupt avec Moncharvaux"
comme il disait

Je dois encore saisir le jour
en dépit du bon sens, des changements de saisons 
qui retournent les pages impaires et qui repassent
ré-habillant les branches et les sommets

A cette bagarre contre le temps 
si durement je me replie et je supplie
de regreffer mon cœur  pour voir
comment je me suis retournée pour fuir
les Jours suivis des jours et des années
sans me maudire d'un rejet susceptible
du rapace qui tracera les cercles

Sylvie Girardot
Ittre le 23/12/2009

mardi 20 octobre 2009

Mais pas ici

.
.
.
Je ne voulais pas mourir
L' arbre de n'être ...
hêtre des matins d'automne
Naitre autre que la feuille
L'oser rêver d'une chandelle
comme aux lumières de leur vie.
Et même si le monde meurt
couché sur des draps de sapin
Je ne veux pas lui ressembler
Mais dans tes draps de matin
J'aime à mourir.


Sylvie Girardot

mercredi 7 octobre 2009

Alarme île

.
.
.



Je voudrais arrêter le temps
Boire chaque larme de tes cils
Brûlant la rage qui court autant
Je voudrais arrêter le temps
Souffrances ne seront plus que vent
Caressant ta peau, toi mon "il"
Je voudrais arrêter le temps
Boire chaque larme de tes cils.


Sylvie Girardot
Ittre le 07/10/2009

L'avis d'être

. . .
Mais toi qui part sans raison d'être
Lune raison le temps demeure
Comme je regrette le temps de naitre
Mais toi qui part sans raison d'être
Comme un fantôme tu voulais être
Dernière demeure mourir à l'heure
Mais toi qui part sans raison d'être
Lune raison le temps demeure.


Sylvie Girardot
Ittre le 06/10/2009

vendredi 11 septembre 2009

Instant t'es né

.
.
.
Je sais qu'il est dur 
A dire que  vous avez besoin 
Au loin dans les colchiques
Qui bleuissaient le champ
Branchées sur une raison


Ce rêve l'humain
Se lève la sentinelle des tristesses ou des joies 


Serait-il bon 
Que vous restiez 
Que vous détestiez 
L'éclipse vous vous sentiez   
Essayant de changer ces illusions
Qui ne sont que nous tous
Prochain monde...Attachés

La terre fût creusée
De la taupe nous allons, 
Aveugles mais nous allons

Je nais...
Diminuant doucement 
Niant...
Ne pas voir le néant
Née en... pourtant!
 

Ou peut-être le bout de la terre? 
Métamorphose que nous sommes 
A percevoir des riens 
Que bien sûr nous craignons

Et j'ai peur de découvrir que je suis née
Pour un instant seulement.

Sylvie Girardot
Ittre le 09/09/2009

mercredi 2 septembre 2009

A Latere triée sur sa longueur



Côté face heure, leurre de croire
A demain, 
deux mains qui veulent prier les combats
dès qu'on bat le fermement solide
Sol hideux que peut devenir la terre
à latère, alerte qui relate de son ventre vide
avide et résistant au tant de fois et tant de mois
le moi révolté du sang versé
Vers où la prose bat son plein
Plaintes gémissantes et sourdes que le diable 
emporte à la porte de l'enfer.

Mais enfermés, n'est ce pas les fous
Sans aucun rire
Ni son...
fermés sur le haut de la tour
nés d'ailleurs?

Du virage difficile
Au visage des formés 
ne fusse que l'enfant
Phare que le parent admire 
là où il n'y a plus d'image
l'aveugle le croyant!

Et d'une religion à l'autre
La lune sera témoin
Rondeur de ses formes adoucissant
le repos que chacun partage.

Sylvie Girardot
Ittre le 02/09/2009

dimanche 16 août 2009

As-tu vu ces oiseaux?

. . .
Sous le vent la tempête déchaînée de la vie

Où donc en étions nous?
Somnambules élans
...! savez-vous

Que le noir cache du gris
sous les cheveux tressés reprisés par l'instinct

Des pauvres doigts courbés
Que le temps a crochetés
comme une nappe sans fin
à la terre recouverte.

Ce sont ses morts vivants
Et les vivants trop morts qui passent maintenant
Leurs mains qui se confondent
aux bras de ses chemins

De cent ans à mille heures
Secondes décrochées du seul jour qui serait
Reformant nos genoux
En flexion douloureuse

Il a de la bouteille...
des années de tonneaux.

Sylvie Girardot
Ittre le 16/08/2008

mercredi 12 août 2009

La langue des démontés

Long le voyage pourrait!

Les pas du temps...

L'accro de ses racines qui sèment
la haine à mourir demain ou hier
-Alors,comment s'en débarrasser?
c'est que j'ai du me battre "Mon Dieu",
Je sais que l'homme est ailleurs
Tailleur comme ce jeune insolent
Qui parle la langue des démons !

-Mangare moi
-Fumare moi
-Baisare moi

Il en profitera même pour le filer...
le mettre en bandoulière
Palissant la charge des années usant de ses sandales
Courir ses os sans s'arrêter face contre terre
Se déformant les joues débloquant ses pensées
Sans se nauser,sans oser, sans arrêt
sans fléchir sur l'idéal injecté
Faisant du bouche-à-bouche aux secondes essoufflées
qui ne sauront jamais ce que c'est que d'écrire
en ce qu'on "né"

Démonté presque un appel à l'aide.

Sylvie Girardot
Ittre le 04/08/2009

mardi 14 avril 2009

Temps brassé

…......................
Sous les fous, j’erre…en verre dur…  
Relis en l’art rivé de bonne heure…
L’essence, 
Ciel rang versant en corps
A vouloir  tant brasser !

Des lyres…
Sous un feu…folle est… 
Folle lie !…en lame
A l’arme par celle d’île...
Art rimé allié d’un pas sage
Des temps dressent au cap à citer
Tant voûtés mains tenant !
…………
Mais joue sur tes deux mains
Encore…accordé…corps
Saoulés par les mois des toits
Ton île à mon aile sans vol sur ce lilas. 

Sylvie Girardot

…......................

Habit de peau

…...........................

Morose …
…Je m’inhume dans les flots de verdure et de champs
M’arrose…
Je me dépouille dans les ondulations
De ces coins sombres qui font peur au hasard
Les doigts greffés aux émotions

Je pose sur le pépin d’ennui
Je suppose...je suis à trop…
Je prose, « je » à ma rose épinant les démons
Avalant des coquilles ou la glaise

Essors …rang de silence en morceaux de rouille…
La feuille ou le crayon  fusain de saule
Trompant  ma chose à mes « j’ose » racontant leur parfum

Et
Je m’élève sur l’horizon aux yeux de velours…
Vers… en  marchant sur les écrits sans nom et sans accent.

Sylvie Girardot

(14/10/2006)
…................

Les lignes du temps


….............................

Colorer sa face en face de soi
Les yeux gris plissés, la bouche rougie
Et s’éclater le front qui sent les vérités
Pour ne plus mentir au cœur fatigué que nous sommes.

Et les larmes rouleront sur les coteaux
Emportant temps et tant de fois
Les écorchures que personne ne voit
Sur lesquelles tes joues ont tant saigné
Blessées aux gifles des « pas tant pis »
Même si on n’y peut rien, les armes épuisées.

Alors, moi, je hurlerai ton nom et ma passion
Et je saurai dire au vagabond que la solitude tue !
…….
Que sa main est aussi chaude que celle des « autres »
Que ses yeux bleus parlent encore et toujours de l’amour
……
Tant que la terre assoiffée ne touchera pas ton sang
Qu’elle lâchera les chevaux de ton lit
Alors je serai face à moi…
Je pourrai sourire à mes peurs qui blessaient tant ces nuits…

Regarde…c’est la lune à midi…


Sylvie Girardot

…....................




Gorgée de vague

…........................

Des éclats de cafard sournoisement se faufilent,
Disloquant les marches de mon échelle
Où je m’échappais courant sur des toits humides.

J’ai perdu le contrôle de mes doigts
Et des mots déferlent en vrac, en sac, en ressac
Mal…frappant maladroitement sur les pages jaunies
Les vagues de l’encre noircie .

Je ne sais plus…
Je ne vois plus le chemin qui m’était destiné
Marchant, errant le néant qui s’offre
Posant mes yeux sur le buvard
Qui, à coup de bleu, absorbe les vers
Et qui ne me les rendra jamais plus !

Et ma tête oublie de m’en souffler des autres
Absente, voilà,  absente de ma mémoire !

J’enferre mes paupières alourdies
J’attends que le violon s’enfle de mes larmes
Pour en faire des notes qui me sortiront de l’enfer
Des éclats de cafard voulant refaire ma vie.

Sylvie Girardot

( 20/10/2006)
…....................




Corps d’eau

…...............



Emaux égrainés en corps d’eau
Dans  la furie des heures
Embrassent les cheveux fous

Nu en page blanche des marges profondes
Prisant les bras et les lèvres
Aimantés aux peaux des amants nés

Parfum en saveur éclairée
Charmant les draps de hauts et de bas
Résille en voile de satin
Recouvrant les paupières de verre
Vitraux éclos
En spirale sans frontière.

Sylvie Girardot

…....................

lundi 13 avril 2009

Le corps à la dérive

.......................
Perçant la nuit le chavirant des mains
Galopent sur le décor en nuages fondus
J’ai rêvé la lune endormie accrochée au mat d’un bateau
C’était loin de minuit dans mes nuits teintes par les mots
Installés comme les bancs des squares fleuris
Sous mon chapeau des jours flamboyants
Quand revivent mes désirs, ma seule folie
Sur le rebord d’un lit vide
Les murs si loin avaient supprimés les appuis

Je vole, je ris…
Je tombe de mes draps froissés
Chahutant les paupières alourdies
Je m’étais endormie sur un bout flétri
…un goût inachevé.
Sylvie
Ittre le 18/09/2007
...........................

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